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November Rain - Guns'N Roses

Photo de Marguerite-Dornier

Marguerite-Dornier

Description :

Le culte de l'éphémère, l'or, l'artifice, l'artificiel, je suis superficielle.

Pas seulement.

Sauvage, libre, indépendante, aimée, aimante, croyante, déterminée, fragile, sûre, et seule.

Pas seulement.

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  • Création : 20/06/2008 à 11:56
  • Mise à jour : 28/06/2010 à 12:30
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    Nevermore- Allan Edgard Poe

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    LE CORBEAU


    Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m'appesantissais, faible
    et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié, tandis
    que je dodelinais la tête, somnolant presque, soudain se fit un heurt,
    comme de quelqu'un frappant doucement, frappant à la porte de ma
    chambre, cela seul et rien de plus

    Ah! distinctement je me souviens que c'était en le glacial décembre :
    et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol.
    Ardemment je souhaitais le jour; vainement j'avais cherché d'emprunter
    à mes livres un sursis au chagrin - au chagrin de la Lénore perdue -
    de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore -
    de nom! pour elle ici, non, jamais plus!

    Et de la soie l'incertain et triste bruissement en chaque rideau purpural
    me traversait, m'emplissait de fantastiques terreurs pas senties
    encore : si bien que, pour calmer le battement de mon coeur, je
    demeurais maintenant à répéter : C'est quelque visiteur qui sollicite
    l'entrée, à la porte de ma chambre; quelque visiteur qui sollicite l'entrée
    à la porte de ma chambre; c'est cela et rien de plus

    Mon âme se fit subitement plus forte et, n'hésitant davantage :
    "Monsieur, dis-je, ou madame, j'implore véritablement votre pardon ;
    mais le fait est que je somnolais, et vous vîntes si doucement frapper,
    et si faiblement vous vîntes heurter, heurter à la porte de ma chambre,
    que j'étais à peine sûr de vous avoir entendu." Ici j'ouvris grande
    la porte : les ténèbres et rien de plus

    Loin dans l'ombre regardant, je me tins longtemps à douter, m'étonner
    et craindre, à rêver des rêves qu'aucun mortel n'avait osé rêver encore ;
    mais le silence ne se rompit point et la quiétude ne donna de signe ;
    et le seul mot qui se dit, fut le mot chuchoté "Lénore!" je le
    chuchotai et un écho murmura de retour le mot "Lénore!" purement
    cela et rien de plus

    Rentrant dans la chambre, toute l'âme en feu, j'entendis bientôt un
    heurt en quelque sorte plus fort qu'auparavant. "Sûrement, dis-je
    sûrement c'est quelque chose à la persienne de ma fenêtre. Voyons donc
    ce qu'il y a et explorons ce mystère ; que mon coeur se calme un moment
    et explore ce mystère ; c'est le vent et rien de plus."

    Au large je poussai le volet, quand, avec maints enjouement et agitation
    d'ailes, entra un majestueux corbeau des saints jours de jadis. Il ne
    fit pas la moindre révérence, il ne s'arrêta ni n'hésita un instant : mais,
    avec une mine de lord ou de lady, se percha au-dessus de la porte de
    ma chambre ; se percha sur un buste de Pallas, juste au-dessus de la
    porte de ma chambre ; se percha, siégea et rien de plus

    Alors cet oiseau d'ébène induisant ma triste imagination au sourire,
    par le grave et sévère décorum de la contenance qu'il eut : "Quoique
    ta crête soit chenue et rase, non! Dis-je, tu n'es pas, pour sûr, un
    poltron, spectral, lugubre et ancien Corbeau, errant loin du rivage de
    Nuit - dis-moi quel est ton nom seigneurial au rivage plutonien de
    Nuit." Le Corbeau dit : "Jamais plus."

    Je m'émerveillai fort d'entendre ce disgracieux volatile s'énoncer aussi
    clairement, quoique sa réponse n'eût que peu de sens et peu d'à-propos ;
    car on ne peut s'empêcher de convenir que nul homme vivant n'eut
    encore l'heur de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre
    - un oiseau ou toute autre bête sur le buste sculpté au-dessus de la porte
    de sa chambre -, avec un nom tel que : "Jamais plus."

    Mais le Corbeau perché solitairement sur ce buste placide, parla ce
    seul mot comme si son âme, en ce seul mot, il la répandait. Je ne proférai
    donc rien de plus ; il n'agita donc pas de plume, jusqu'à ce que je
    fis à peine davantage que marmotter : "D'autres amis déjà ont pris
    leur vol, demain il me laissera comme mes espérances déjà ont pris
    leur vol." Alors l'oiseau dit : "Jamais plus."

    Tressaillant au calme rompu par une réplique si bien parlée ; "Sans
    doute, dis-je ce qu'il profère est tout son fonds et son bagage, pris à
    quelque malheureux maître que l'impitoyable Désastre suivit de près
    et de très près suivit jusqu'à ce que ses chansons comportassent un
    unique refrain ; jusqu'à ce que les chants funèbres de son Espérance
    comportassent le mélancolique refrain de "Jamais - jamais plus."

    Le Corbeau induisant toute ma triste âme encore au sourire, je roulai
    soudain un siège à coussins en face de l'oiseau, et du buste, et de la
    porte ; et m'enfonçant dans le velours, je me pris à enchaîner songerie
    à songerie, pesant à ce que cet augural oiseau de jadis, à ce que
    ce sombre, disgracieux, sinistre, maigre, et augural oiseau de jadis
    signifiait en croissant : "Jamais plus."

    Cela, je m'assis occupé à le conjecturer, mais n'adressant pas une syllabe
    à l'oiseau dont les yeux de feu brûlaient, maintenant, au fond de mon
    sein ; cela et plus encore, je m'assis pour le devine, ma tête reposant
    à l'aise sur la housse de velours des coussins que dévorait la lumière
    de la lampe, housse violette de velours qu'Elle ne pressera plus, ah!
    jamais plus.

    L'air, me sembla-t-il, devint alors que dense, parfumé selon un
    encensoir invisible balancé par les Séraphins dont le pied, dans la chute
    tintait sur l'étoffe du parquet. "Misérable! m'écriai-je, ton Dieu t'a
    prêté ; il t'a envoyé par ces anges le répit, le répit et le népenthès dans
    ta mémoire de Lénore! Bois! oh! bois ce bon népenthès et oublie cette
    Lénore perdue!" Le Corbeau dit : "Jamais plus."

    "Prophète, dis-je, être de malheur! prophète, oui, oiseau ou démon!
    Que si le Tentateur t'envoya ou la tempête t'échoua vers ces bords,
    désolé et encore tout indompté, vers cette déserte terre enchantée, vers
    ce logis par l'horreur hanté : dis-moi véritablement, je t'implore! y a-t-il
    du baume en Judée? Dis-moi, je t'implore." Le Corbeau dit :
    "Jamais plus!"

    "Prophète, dis-je, être de malheur! prophète, oui, oiseau ou démon!
    Par les cieux sur nous épars, et le Dieu que nous adorons tous deux,
    dis à cette âme de chagrin chargée si, dans le distant Eden, elle doit
    embrasser une jeune fille sanctifiée que les anges nomment Lénore
    - embrasser une rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment
    Lénore." Le Corbeau dit : "Jamais plus!"

    "Que ce mot soit le signal de notre séparation, oiseau ou malin
    esprit" hurlai-je en me dressant. "Recule en la tempête et le rivage
    plutonien de Nuit! Ne laisse pas une plume noire ici comme un gage
    du mensonge qu'a proféré ton âme. Laisse inviolé mon abandon! quitte
    le buste au-dessus de ma porte! ôte ton bec de mon coeur et jette ta
    forme loin de ma porte!" Le Corbeau dit : "Jamais plus!"

    Et le Corbeau, sans voleter, siège encore, siège encore sur le buste pallide
    de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre, et ses yeux ont
    toute la semblance des yeux d'un démon qui rêve, et la lumière de la
    lampe, ruisselant sur lui, projette son ombre à terre : et mon âme,
    de cette ombre qui gîte flottante à terre ne s'élèvera - jamais plus.







    "Edgar Poe, dans un de ses poèmes les plus fameux, incarne cette idée de l'irréversibilité du cours de l'existence dans un animal sinistre, un corbeau perché sur le rebord d'une fenêtre, qui ne sait dire et répéter qu'une seule formule: Never more - "plus jamais".
    Poe veut dire par là que la mort désigne en général tout ce qui appartient à l'ordre di ékaùaos plus". Elle est, au sein même de la vie, ce qui ne reviendra pas, xe qui relève irréversiblement du passé et que l'on n'a aucune chance de revoir un jour. Il peut s'agir [...] des écpmes [...] et de mille autres choses encore: même s'il ne s'agit pas toujours de la disparition d'un être cher, tout ce qui est de l'ordre du "plus jamais" appartient au registre de la mort."
    Apprendre à Vivre. Luc Ferry.
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    #Posté le vendredi 29 août 2008 04:53

    Modifié le samedi 30 août 2008 11:35

    H'ai dix-hept ans.

    Le cri du butor

    Maintenant que la jeunesse
    S'éteint au carreau bleui
    Maintenant que la jeunesse
    Machinale m'a trahi
    Maintenant que la jeunesse
    Tu t'en souviens souviens-t-en
    Maintenant que la jeunesse
    Chante à d'autres le printemps
    Maintenant que la jeunesse
    Détourne ses yeux lilas
    Maintenant que la jeunesse
    N'est plus ici n'est plus là
    Maintenant que la jeunesse
    Sur d'autres chemins légers
    Maintenant que la jeunesse
    Suit un nuage étranger
    Maintenant que la jeunesse
    A fui voleur généreux
    Me laissant mon droit d'aînesse
    Et l'argent de mes cheveux
    Il fait beau à n'y pas croire
    Il fait beau comme jamais
    Quel temps quel temps sans mémoire
    On ne sait plus comment voir
    Ni se lever ni s'asseoir
    Il fait beau comme jamais
    C'est un temps contre nature
    Comme le ciel des peintures
    Comme l'oubli des tortures
    Il fait beau comme jamais
    Frais comme l'eau sous la rame
    Un temps fort comme une femme
    Un temps à damner son âme
    Il fait beau comme jamais un temps à rire et courir
    Un temps à ne pas mourir
    Un temps à craindre le pire
    Il fait beau comme jamais
    Tant pis pour l'homme au sang sombre
    Le soleil prouvé par l'ombre
    Enjambera les décombres



    Louis Aragon
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    #Posté le mercredi 27 août 2008 14:38

    Modifié le jeudi 28 août 2008 18:00

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